Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Mebarki, a annoncé hier à Alger que la prochaine rentrée universitaire 2015-2016 se déroulera dans de « bonnes conditions » et qu’il « n’existe aucun problème qui peut l’entraver ». Concernant les établissements non finis, le ministre précise qu’ils sont au nombre de sept, cependant, il indique à la presse que « J’ai reçu des assurances que la livraison sera faite au plus tard la mi-juillet ». Intervenant à l’ouverture des travaux de la conférence nationale des universités consacrée à la préparation de la prochaine rentrée universitaire 2015-2016, le ministre a estimé que les infrastructures pédagogiques et celles des œuvres universitaires qui connaissent des retards dans certaines wilayas recevront les nouveaux bacheliers dans de bonnes conditions. Quant à la tenue de la conférence, dont les travaux se tiennent à huis clos, M. Mebarki a fait savoir que celle-ci « intervient à une période charnière de l’évolution du secteur ».Il poursuit «elle intervient au moment où la réforme universitaire engagée depuis une dizaine d’années, arrive au terme d’une première étape de généralisation de l’architecture des diplômes Licence-Master-Doctorat (LMD) ». Par ailleurs, le ministre a précisé que cette rencontre « intervient à la veille d’une rentrée universitaire particulière caractérisée par le nombre très élevé de futurs bacheliers que nous apprêtons à accueillir, du fait de l’arrivée, cette année, d’un bon nombre de nouveaux bacheliers ».


Les préparatifs de la prochaine rentrée universitaire 2015-2016 se déroulent dans de « bonnes conditions », a assuré, hier, à Alger le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Mohamed Mebarki. « En dépit de quelques retards accusés dans la réception des infrastructures pédagogiques et d’œuvres universitaires au niveau de certaines wilayas, je constate avec beaucoup de satisfaction que les établissements ont pris toutes les dispositions nécessaires, afin de recevoir les nouveaux bacheliers dans les meilleures conditions », a souligné le ministre, à l’ouverture de la conférence nationale des établissements universitaire consacrée à la préparation de la rentrée universitaire 2015/2016. Selon le ministre, « les établissements non encore achevés, sont au nombre de sept. J’ai reçu des assurances que la livraison sera faite au plus tard la mi-juillet », a précisé M. Mebarki. Evoquant la tenue de la conférence, dont les travaux se tiennent à huis clos, M. Mebarki a fait savoir que celle-ci intervient à une période charnière de l’évolution du secteur. « Elle intervient au moment où la réforme universitaire engagée depuis une dizaine d’années, arrive au terme d’une première étape de généralisation de l’architecture des diplômes Licence-Master-Doctorat (LMD) », a-t-il relevé. Elle intervient d’autre part, à la veille d’une rentrée universitaire particulière, caractérisée par le nombre très élevé de futurs bacheliers que le secteur s’apprête à accueillir, du fait de l’arrivée d’une double cohorte d’étudiant. Concernant le premier point, à savoir la généralisation du système LMD, le ministre a expliqué que « plus d’une décennie après le lancement de la réforme, de nombreuses contraintes et tensions sont vécues au quotidien, du fait des dysfonctionnements qui surviennent dans son application, et en particulier, des difficultés dans l’articulation avec les secteurs utilisateurs de ses diplômes ». Il a rappelé à ce propos que la question de la visibilité des diplômes LMD, et de l’insertion professionnelle des diplômés a été à l’origine des perturbations. Une situation qui a suscité une réaction du Premier ministre qui a rappelé la responsabilité partagée entre toutes les institutions du pays, qu’elles soient publiques ou privées, dans la prise en charge de la problématique de l’insertion dans le marché du travail des diplômés LMD. Le ministre a souligné toutefois, que « l’Algérie a franchi une étape que nous devons évaluer à tous les niveaux, pour dégager les correctifs à apporter et poursuivre la mise en œuvre de ce système LMD, en l’adaptant aux réalités algériennes. » Il a annoncé, dans ce sens, la mise en place, prochainement, d’une commission pour « coordonner » avec les établissements et les conférences régionales, cette évaluation d’étape et proposer les mesures à même d’approfondir la réforme. Le ministre a indiqué qu’il sera question également de développer des mécanismes de gestion permettant la mobilisation des compétences du secteur, par « une interaction efficace de l’ensemble de ses composantes, autour d’un plan sectoriel. » Le ministre, qui a présenté un exposé sur les réalisations de son secteur, a cité certaines mesures adoptées, dont celles ayant trait à l’ouverture de quelques écoles normales supérieures à l’échelle nationale, à l’évaluation des filières à recrutement national et l’intérêt accordé aux points de formations situés dans des pôles voués à l’excellence. Il a fait savoir que d’autres actions « sont engagées et restent à consolider pour assurer une bonne rentrée universitaire. » Il s’agit, entre autres, du recrutement d’enseignants et personnels de soutien, l’organisation d’une meilleure coordination entre les établissements pédagogiques et les œuvres universitaires ainsi que l’optimisation de l’utilisation des moyens humains et matériels, mis à la disposition du secteur. « Un saut qualitatif réalisé par les universités algériennes » Par ailleurs, M. Mebarki a rappelé que son secteur s’était engagé à inscrire la visibilité de ses établissements parmi ses objectifs prioritaires, à travers notamment l’introduction d’une dynamique numérique par la généralisation des sites web des établissements. Il s’agit également de l’encouragement des enseignants et étudiants à intégrer les réseaux numériques et professionnels, « en tant qu’espaces d’expression et d’interaction avec la communauté scientifique nationale et internationale », ainsi que l’organisation et la dynamisation de la fonction « communication », afin d’améliorer l’image de l’établissement, par la mise en place des services spécialisés dotés en moyens humains et matériels adéquats. Ainsi, les premiers effets positifs des actions déjà entreprises dans ce cadre, même si selon le ministre les classements internationaux des universités ne tiennent pas compte que de critères objectifs, commencent à se faire sentir. Le ministre a rappelé, à titre indicatif, le résultat obtenu par l’université algérienne suite au dernier classement « Webometrics ». « Nous avons constaté un saut qualitatif réalisé par nos universités qui ont gagné plus de 200 places en moyenne, à l’échelle internationale », a-t-il relevé, précisant que les « cinq première universités du classement, au plan maghrébin, sont algériennes ». Au niveau du classement des pays africains et arabes, les universités algériennes, poursuivent leur progression et occupent une place appréciable », s’est réjouit le ministre. « Le gouvernement a donné son accord pour la mise en place de l’académie des sciences » Abordant par ailleurs, le projet de création d’une académie des sciences et de technologie d’Algérie, le ministre a affirmé à ce sujet, que le gouvernement avait donné son accord pour sa mise en place. « Nous nous réjouissons aujourd’hui de l’accord du gouvernement pour la mise en place de l’Académie des sciences et de la technologie, espace autonome et haute compétence, qui servira de pont avec les autres académies du monde », a-t-il annoncé. Il a précisé que cette académie, qui sera composée de 200 membres, contribuera en tant qu’autorité scientifique suprême du pays, au développement des sciences et de leurs applications, et conseillera les autorités publiques dans ce domaine vital. « Le comité de suivi a déjà proposé au gouvernement, un statut de l’académie et une démarche pour sa mise en place », a-t-il souligné. Il a assuré que cela va se faire avec un maximum de rigueur et de transparence, dès que le statut est fixé par un décret présidentiel. Un appel à candidature, pour la mise en place du noyau fondateur de l’académie des sciences et de technologie d’Algérie, a d’ores et déjà été lancé. Les critères d’inclusion sont fixés par les membres de plusieurs académies reconnues dans le monde, et concernent les domaines des mathématiques, physique, chimie, informatique, sciences de l’ingénieur, sciences médicales, science de la nature et de la vie et science de la terre et de l’univers. Salima Ettouahria


Par Mohaled Lakhdar Maougal(*)
Il nous faudrait, à cette triste occasion du grand départ ad vitam æternam de l’académicienne consacrée à titre d’étrangère Assia Djebar, encenser ceux et celles qui, leur vie durant, se sont battus avec conviction et acharnement contre tous genres de flagorneries. Mais il y a mieux encore à faire et c’est de suivre l'exemplaire itinéraire iconoclaste et courageux de ces justes.
La disparition récente d’Assia Djebar, suivie de peu par celle de son ex-second époux, le poète Malek Alloula, vient de donner l'occasion aux Algériens de s'arrêter un moment sur une actualité autre que celle mortifère du criminel projet d'empoisonnement «pollutionnaire» qui menace nos concitoyens du Sud. Voici qu’un grand tapage médiatique se déroule encore (funérailles quasi nationales, émissions multiples, bientôt des projets de colloques pour une écrivaine et sans doute un poète et essayiste, conjointement ignorés longtemps et réduits parfois à des débats caverneux de chauves-souris).Tout cela à mon sens porte une atteinte grave et fondamentale à la «sira» éthique et politique de cette romancière et intellectuelle rebelle qui aura compté comme exclusivité dans le quarteron des grands écrivains fondateurs, Mouloud Mammeri, Mohammed Dib, Kateb Yacine et Jean Sénac.
Mes amis des médias (TV, radio, presse écrite) m'ayant sollicité pour dire mon mot, j'ai décidé d'apporter ma contribution à la lecture de ce cas d'espèce original, mais en m'inscrivant dans l'esprit et la lettre de la mission que s'était donnée Assia Djebar de faire vivre, entretenir et survivre l'esprit iconoclaste qui a donné à notre littérature naissante des années 1950 et 1960 ses lettres de noblesse et de grandeur.

Assia Djebar, une «francophonophile» sans hypocrisie, sans complexe
Polygraphe et militante, contrairement aux assertions contrites et chagrines de certaines de ses commentatrices, Assia Djebar aura assumé pleinement, dès les premières années de l’indépendance de l’Algérie et à la fin des années soixante, son inscription dans la francophonie au moment où, en Algérie, une préfabriquée guerre linguistique xénophobe et réactionnaire, sous forme d’invasion arabophile, voulait éradiquer tout ce qui pouvait, voire risquait de «polluer» l'identité algérienne «arabo-islamique». Sa décision volontaire, souveraine et réfléchie de se replier sur la France aura été explicitement exprimée dans cette déclaration qu'elle a faite : «J'écris, comme tant d'autres femmes écrivains algériennes, avec un sentiment d'urgence, contre la régression et la misogynie.» (sic).
Vivant depuis les années soixante en France et échappant de ce fait à la chape totalitaire de l’Etat-parti unique qui comprima le pays jusqu’à la révolte de 1988, Assia Djebar fera le saut et assumera courageusement de transformer sa francophonie volontaire en une culturelle et civilisationnelle francophonophilie (l’amour de la langue française). C'est sur ces deux piliers de son «métier à tisser et à coudre» qu’Assia Djebar va entreprendre une carrière d'écrivaine, de dramaturge, de poétesse et de cinéaste. C'est sur ce programme même qu'il serait le plus productif et le plus incisif d’approcher son œuvre depuis la Soif (roman fortement inspiré de l’écriture militante et féministe de Françoise Sagan, 1957) jusqu'à son dernier roman publié, Nulle part dans la maison de mon père, 2007).
Or, que nous révèle cette intentionnalité programmatique sur le projet djebarien ? Explique-t-elle la décision d’Assia Djebar de s'éloigner de l'Algérie dès 1967-1968 ? Explique-t-elle sa décision d’opter culturellement et civilisationnellement pour Voltaire et Diderot plutôt que pour Abou Othmane Ibn Bahr El Djahedh et Naguib Mahfouz ? Ce choix sera couronné par les institutions françaises par l’octroi à la romancière de la Légion d’honneur, du titre de commandeur des arts et des lettres ainsi que par le couronnement de sa carrière de romancière avec un statut d’«immortelle» académicienne. Et c’est justice.
Assia Djebar aura toujours fait preuve d’esprit d’indépendance et d’autonomie par rapport aux différents pouvoirs politiques et idéologiques qui se sont succédé dans notre pays depuis 1962 à ce jour. C’est une constance qui mérite d’être relevée, saluée, soulignée. Je ne puis m’empêcher de rappeler pour autant qu’elle n’avait pas répondu aux sollicitations de ce même pouvoir quand, en 1999, des «intellectuels» et artistes avaient été approchés par les officiels qui nous préparaient les mandats successifs et désastreux que le nouveau millénaire nous préparait avec la pièce rapportée du Proche-Orient, comme elle ne participera pas à la campagne de récolte de signatures orchestrée par El Mouradia pour soutenir la candidature du chef de l’Etat algérien au prix Nobel, lui qui aura réintroduit avec une certaine «décomplexitisation» l’usage administratif et quasi officiel de la langue française depuis 1999.
Avertie ou en alerte, Assia Djebar aura fait l’économie de l’expérience affligeante de mon amie la professeure Latifa Benmansour qui s’était emballée pour le candidat de 1999 et qui aura vite déchanté en l’affligeant de tous les sobriquets, surtout après l’épisode lamentable de l’incident à l’université d’Oran Senia quand le candidat s’était accroché violemment avec un enseignant récalcitrant.
Assia Djebar a construit toute son œuvre sur un paradigme solide et inusable : la dualité répulsive de «la régression et de la misogynie». Car tel est le substrat comportemental culturel qui aura été inoculé à notre pays par le greffon oriental d’une culture décadente que même la colonisation prétendument civilisatrice n’aura pas réussi à déconstruire. Assia Djebar le soulignera finement et explicitement dans certains de ses ouvrages.
Sa délicieuse œuvre romanesque débute par une espèce de pastiche inspiré de la littérature féministe militante sur fond des années de la guerre de décolonisation algéro-française. Elle publiera la Soif sous pseudonyme (Assia Djebar) pour ni choquer ni froisser sa famille en Algérie, voire pour ne pas contrarier le cours de la littérature algérienne engagée et militante dans le chemin de l’émancipation nationale. En fait, instruite par l’histoire qu’elle a choisie comme discipline d’étude, de travail et de recherche, elle prend la précaution de ne pas rééditer la crise de 1947 (la crise dite berbériste) que Messali avait provoquée pour vider le mouvement national des éléments progressistes et démocrates qui lui contestaient sa ligne autoritaire encadrée par l’islamisme agitateur du Congrès de Jérusalem (voir le livre de Rachid Ali Yahia sur la crise berbériste). Une revendication féministe en pleine guerre d’Algérie aurait été fatale à l’écrivaine si elle avait signé le livre de son nom véritable. Cela aurait provoqué une curée — Mohamed Cherif Sahli et Mostefa Lacheraf venaient d’exécuter politiquement Mouloud Mammeri avec l’affaire de la Colline oubliée (1953). C’est alors qu’elle va glisser dans ses ouvrages futurs romanesques et théâtraux, cette condition féminine qui accompagnera ses témoignages et ses réflexions sur les femmes algériennes du temps de la guerre (les Impatients -1958 ; les Enfants du nouveau monde - 1962 ; les Alouettes naïves - 1967 et enfin Rouge l’aube -1969)
Cette production romanesque sera suivie d’un long silence de près de vingt ans (1967-1985), que mettra à profit cette femme en gésine d’un projet revendicatif égalitariste pour porter la parole et la gestuelle féminines à travers les expressions artistiques (théâtre, peinture, cinéma), d’abord à l’écran dans l’espoir qu’elle sera mieux entendue et finement perçue. En 1978, Assia Djebar se présente au Festival international de Carthage avec un film, Nouba des femmes du mont Chenoua. Sa déception est alors à son comble.
Le film n’est même pas programmé au seul pays maghrébin où les femmes semblaient avoir joui d’un statut qui pouvait faire reculer «la régression et la misogynie». Un talentueux et courageux journaliste algérien fera connaître ses acrimonies (Kheireddine Ameyar in Agérie Actualité, 1978). Le film sera pourtant primé au Festival de Venise en 1979.
Ce sera ensuite dans une écriture hybride d’un essai sur fond pictural, Femmes d’Alger dans leur appartement -1980, suivi d’un second essai hybride, encore une fois, mais sur fond musical d’opéra, la Zerda ou le chant de l’oubli. Ce n’est que près de vingt années plus tard, qu’Assia Djebar signera de nouveau un roman qui change la perspective de son programme éditorial influencé par l’intermède de l’écriture hybride artistique (L’amour, la fantasia -1985). Le côté artistique et professionnel prend alors souche dans le projet éditorial. Sans doute la rationalité devait-elle prendre le pas sur l’émotion. L’intégration des lectures et des références témoigne d’un souci de prendre distance avec l’affect et le subjectivisme. Picasso et Delacroix sont inscrits dans les arcanes de la romancière qui a capitalisé son expérience artistique en la mariant à sa veine romanesque. L’amour, la fantasia est une rupture dans l’écriture avec un nouveau programme éditorial. Prenant quelques reculs avec le réel circonstanciel, Assia Djebar se lance dans une nouvelle expédition. Arracher une place de choix dans le Panthéon de la littérature francophone universelle, quand l’Algérienne resta dominée jusqu’alors par les ancêtres fondateurs (Mammeri, Dib, Kateb, Sénac). Telle semble avoir été sa détermination.
C’est ainsi que se concrétisera la transition. La guerre de libération qui n’a pas changé le statut de la femme bien qu’elle ait vu la participation de cette dernière à tous les niveaux de la lutte va progressivement céder la place à une nouvelle lutte pour une nouvelle émancipation, celle de la femme citoyenne. Lutte qui sera encore plus difficile car le monde né avec les indépendances n’a rien produit de transformation radicalement ni essentiellement moderniste, les femmes ayant été reprogrammées pour «retourner à leurs couscoussiers», dira un historien avisé. Ce n’est pas alors, mais pas du tout un hasard, si la trilogie qui prend la relève de l’intermède artistique essayiste s’annonce en rapport synergique avec le réel d’un pays qui tourne le dos à ses martyrs en reniant leurs espérances. L’amour, la fantasia met en perspective et la colonisation et le vécu qui se mélangent dans les abysses des mémoires édifiées sur les deux territorialités du monde cauchemardesque du passé et de l’univers incertain et inquiétant de l’avenir. Sordide sera la prison des femmes, immense sera le cimetière des victimes du terrorisme.
La décennie de 1985 à 1995 voit se succéder des productions d’un ensemble trilogique, L’amour, la fantasia - 1985 ; Ombre sultane -1987 ; Vaste est la prison -1995 ; trilogie entrecoupée par deux romans-essais, Loin de Médine -1991 et Le blanc d’Algérie -1995. A croire que les femmes d’Alger sorties de leur appartement par effraction auront rendu un soupçon d’hommage à l’impétueux peintre anarchiste espagnol Picasso, l’auteur de Guernica et de Djemila, l’Algérienne qui pleure pour corriger l’ineptie du harem colonial exposé par le peintre Eugène Delacroix. Ce travail de déconstruction et de dénonciation de la colonisation par Assia Djebar est ainsi accompagné par la verve colorée et impétueuse de l’anarchiste peintre espagnol qui avait, dès les années 1950, apporté son soutien à la cause algérienne par ce magnifique tableau de la Femme qui pleure. L’amour, la fantasia relate l’inextricabilité de deux mémoires en lutte et en synergie d’interpénétration. La colonisation de l’Algérie au XIXe siècle, entreprise de démolition et de destruction, de meurtres et de spoliation, débouche, un siècle plus tard, sur l’école républicaine laïque, gratuite et obligatoire ouverte aux petites filles indigènes que leur père, instituteur lui-même, accompagne à l’école. L’école républicaine suffisait- elle à «blanchir» la sinistre entreprise coloniale monarchiste ? Sera-t-elle absoute pour avoir permis l’émergence de grands écrivains et écrivaines ? Le thème n’est pas original, mais son traitement réarticule la dimension autant que la fonction émotionnelles. Kateb Yacine, sans pourfendre l’école francophone, l’accuse de dévorer tel un loup les petits indigènes. A cette école coloniale, Kateb opposera l’école du soir du FLN dans les cellules des prisonniers, et ce, dans son théâtre qui donne à méditer sur un Cadavre encerclé -1954 - en un Polygone étoilé -1966. Mais le plus incisif contre cette entreprise de «dépersonnalisation» sera Malek Haddad qui, au lendemain de l’indépendance, rangera définitivement sa plume «sergent major» dans son pupitre.
 Il n’y a qu’auprès de Mouloud Feraoun et de sa littérature qu’Assia Djebar trouvera un devancier du même acabit et avec la même intensité émotionnelle. Pour le second roman de cette seconde trilogie, Ombre sultane, c’est la féminité en épreuve, voire en détresse qui se substitue à l’enthousiasme émotionnel de l’accompagnement paternel à l’école. La petite écolière cède la place à Isma la jeune femme cultivée, divorcée et remplacée auprès de son époux par Hajila, une paysanne mariée «sans son accord». C’est alors que la question citoyenne féminine brise le mur du silence et brave l’ostracisme. Cette transition de la domination coloniale à la nécessaire émancipation nationale et citoyenne va se construire sur un ensemble référentiel méditerranéen qui aura longtemps traduit les prométhéennes batailles des femmes contre ce statut tragique qui leur aura été imposé depuis les temps les plus reculés et que le théâtre grec, particulièrement, aura illustré depuis Plaute et Aristophane. Cette inscription de la tragédie féminine dans le texte romanesque djebarien, pour avoir été tardive, aura perdu tout de même son originalité.
En effet, un génotexte (je préfère le concept de Jacques Berque qui parle de «génomémoire») du tragique féminin s’est mis en perspective dès les premières années de l’indépendance avec des textes fort explicites et parfois violents comme ceux de Fadila Merabet, côté féminin singulier pour bien longtemps encore, et de Rachid Boudjedra, côté masculin pluriel de manière précoce, avec l’entrée en lice des précurseurs de la littérature algérienne d’expression arabophone, à l’instar de Abdelhamid Benhedouga, Merzak Baktache et Djilali Khellas.
Il semble dès lors que le programme éditorial d’Assia Djebar ait accusé un tournant décisif avec l’émergence d’un nouveau paradigme : le féminisme citoyen prenant chez elle et dans sa production le pas sur le féminisme identitaire. Ainsi triomphera dans son nouveau projet éditorial le nombre pluriel sur le genre singulier. Diderot triomphant de Sade. Paradoxalement c’est sur un texte iconoclaste, que cette révolution profonde se réalise. La femme qui pleure sur son sort de semi-émancipée tout en méditant sur son engagement national patriotique efface subrepticement la combattante ou plutôt la supplétive du maquis des seigneurs de guerre.
L’année 1995 voit coup sur coup la publication de deux ouvrages par Assia Djebar. Vaste est la prison, un volume de 351 pages, publié chez Albin Michel et Le blanc de l’Algérie qui ne compte pas moins de 279 pages chez le même éditeur. Pas si étrange la contiguïté ni la concomitance. Programmées ? Il faut se résoudre à le croire ! La prison et le cimetière sont devenus les lieux de prédilection des Algériens et des Algériennes. La prison c’est une mort en sursis, le cimetière une mort programmée, assurée. Pour la femme, la sordide prison, c’est le lieu de la claustration à géométrie variable, le pays, la tribu, la famille où se fait et se défait toute généalogie féminine. Une grand-mère mariée nubile de 14 ans à un vieillard, une mère éplorée qui, durant la guerre d’indépendance, traverse la Méditerranée pour aller rendre visite à son fils incarcéré en France, une adolescente partagée entre deux cultures qui se retrouve tisseuse de mots et de fragments de mémoire travaillée à l’aune des passions contenues et parcimonieusement avouées à travers les sinuosités d’une langue énigmatiquement tatouée comme une mémoire ballottée par les souvenirs de tendresse et de douleur. Devenue narratrice adulte et diseuse de bonne aventure, l’adolescente d’autrefois redonne vie à ses amis, des moments de lecture qui lui ont tenu compagnie dans l’intimité du boudoir : Camus, Amrouche, Fanon, Sénac, Mammeri, Kateb, Djaout qui venait à peine d’être assassiné à Alger. C’est sans doute ce dernier qui réveille le cortège qui s’ébranle pour faire la balade des cimetières, ces lieux de cette mort qui avait obnubilé les fondateurs et qui donne à l’écrivaine l’occasion de revenir sur la guerre devenue civile et fratricide avec l’indépendance du pays. Cette évocation, in absentia, à partir de la Californie symbolisant le Nouveau Monde, n’est pas sans poser quelques questions et observations.
Rappeler le monde des morts à partir du «Far West», espace génocidaire si besoin est de le rappeler, est une fine subtilité que la romancière se paie en clin d’œil. Et quelle symbolique ! Les «chers disparus», morts de l’histoire culturelle de l’Algérie dont il est question, sont des enfants de la terre algérienne, y compris le petit «pied-noir» (de Belcourt d’Alger et non l’un des génocidés des montagnes des Appalaches aux Etats-Unis). Le blanc de l’Algérie (1995), rare œuvre littéraire qui s’attaque à chaud et à vif au terrorisme et à la guerre, réajuste l’image de l’écrivaine qui gagne en notoriété et en courage.
La publication concomitante de ce roman-essai avec un autre titre très évocateur, Vaste est la prison, permettra d’imposer une lecture de ce livre sur le génocide comme un rappel de la barbarie qui a pris dans les expéditions coloniales ses premiers élans pour se perpétuer jusqu’à l’actualité la plus tragique.
Il est pourtant un texte fort problématique que publiera Assia Djebar pour couper cet intermède génocidaire de la décennie (1989-1999). Texte de conjoncture et de participation à une entreprise citoyenne et libertaire, Loin de Médine (1991) annonce un nouveau programme éditorial. Le réveil de l’islam politique en Iran, au Soudan et en Afghanistan (1980) qui a précédé de peu la chute de l’empire soviétique (1989) ouvre ainsi une perspective de réflexion et de travail sur le champ éditorial qui se focalise sur les réalités du sursaut turbulent post-indépendance dans tout le monde de la périphérie post-coloniale. La littérature d’Assia Djebar en porte-t-elle des traces ? C’est que le modèle citoyen vient de loin et de manière insolite bien que fort habilement reconstruit à travers une trame romanesque qui s’impose l’économie de la rigueur de l’histoire et se passe de toute référence.
C’est aux origines mêmes de la nouvelle civilisation née avec la troisième grande religion révélée – l’islam — que prend ses sources et inspirations la reconstruction de la logique de légitimation. Assia Djebar semble être en synergie avec l’actualité qui voit monter dans tous les pays de religion musulmane un profond et impétueux mouvement de reconsidération de la légitimité des pouvoirs gestionnaires de l’Etat et des communautés de fidèles. Nouvelle citoyenneté ? Nouveau contrat social ou plutôt nouveau contrat communautaire ? Il n’est pas inutile ni interdit de s’interroger sur ce nouveau paradigme. Et si c’était l’aube d’une ère nouvelle pour une nouvelle conception du lien social symbolique ?

Le syndrome linguistique d’Esope
Loin de Médine semble avoir grillé les doigts de la romancière. Le sujet sera abandonné, classé, archivé, enterré. La guerre du foulard en France focalise l’attention des médias, et Assia Djebar a entre-temps appris que le hidjab avait été, par «sunna», imposé par le Prophète Mohamed Ibn Abdellah à ses épouses, rien qu’à ses épouses. Le piège de la polémique menaçait dès lors toute référence à cette féminité singulière de la périphérie de la prophétie. L’affaire du Da Vinci Code venait de verser dans le monde éditorial un ouvrage sulfureux de grande proximité avec la thématique sensible. Assia Djebar esquive avec délicatesse et prudence. Le sujet est abandonné, classé. A défaut de pérorer sur la femme sinon pour revenir au substrat de l’émancipation identitaire post-coloniale, Assia Djebar renoue avec la mémoire douloureuse de la guerre qui couvre de ses souvenirs les horreurs terroristes de la décennie noire. S’y ajoute dès lors un nouvel ingrédient d’identification socioculturelle dans la conjoncture du soulèvement de la Kabylie des arouch (2000). Cela commence prématurément avec un recueil de nouvelles nostalgiques et émotionnellement pathétiques.
La romancière tisse un nouvel écheveau mémoriel à base d’identité ethnolinguistique qui a pour référent spatial une ville métropole, Oran, où revient le thème de la quête des origines sur fond de terrorisme et de violence qui déchirent l’Algérie. Ce retour au pays des ancêtres sera une occasion pour la romancière de poser la question épidermique sur la vie et la mort des langues. Oran, langue morte, publié en 1997, à Paris, puis en 2001 à Montréal, sera suivi immédiatement par un texte «patchwork», une collection de conférences entre 1982 et 1998, Ces voix qui m’assiègent chez Albin Michel, à Paris. Cimetière sans sépulture ou prison à perpétuité, tel sera le lot de la femme et la romancière commence à le vivre en sa chair meurtrie. Après l’évacuation des évocations meurtrières ravivées par le terrorisme criminel des années de plomb — 1991 à 2002 —, s’impose le spectre de Zoulikha, la femme enlevée, torturée et disparue. La violence conjoncturelle ne cesse de jeter des passerelles entre la guerre d’hier et le terrorisme d’aujourd’hui.
La nouvelle décennie (2000-2010) qui ouvre un nouveau siècle (XXIe siècle) et un nouveau millénaire (3e) est lancée après un constat de tohu-bohu (Ces voix qui m’assiègent, 1999) espèce de plongée dans les abysses de la mémoire écrivaine pressentant tragiquement le dépérissement de l’outil de travail, ici la langue francophone. Mais un sursaut se réalise.
La langue française renaît en Algérie dans les discours officiels et confortant la langue éditoriale. Mieux encore, un accord intergouvernemental programme une année algérienne en France qui n’aura pas la suite escomptée en réciprocité. Paradoxalement, c’est en cette année même de l’Algérie en France, qu’Assia Djebar publie un roman-épitaphe de la langue française, La disparition de la langue française chez Albin Michel, 2003. Berkane, Un émigré, revient à La Casbah de ses origines et celle de Pépé le Moko. Vingt ans après, il ne reconnaît plus son pays. Cet amer constat se tisse sur une trame romanesque qui semble l’avoir prédestiné. Un souvenir de lecture et un puissant sentiment de culpabilité se profilent derrière ce constat et sème un trouble, voire une ambiguïté.
Le spectre du commandeur Malek Haddad, pourfendeur de la francophonie, se présente de nouveau post-mortem. Mais l’originalité du traitement de ce traumatisme c’est d’être construit sur une intrigue romanesque amoureuse qui laisse légitimement penser à une intertextualisation très forte frisant le plagiat. Les nuits de Strasbourg (Actes Sud, 1997 et 2003), un roman qui rappelle à s’y éprendre Le quai aux fleurs de Malek Haddad.
Le schéma narratif semble avoir été inversé dans une perspective iconoclaste. En 1995, une Algérienne, Thelja, laissant mari et enfants à Alger, va retrouver son amant François à Strasbourg, son aîné de vingt ans, et vivra intensément avec lui neuf nuits. Nous sommes en pleine période de trouble terroriste et l’Algérie est dans la tourmente.
Femme courageuse et intègre, romancière confirmée et consacrée, Assia Djebar partage, certes, avec certains écrivains le statut de commandeur des arts et des lettres françaises, voire la légion d’honneur, mais elle a réussi ce dont beaucoup rêvent à en mourir : l’immortalité académique. Elle l’a arrachée. Elle l’a gagnée. Et c’est justice de compter parmi les grands, Michel Butor, Michel Serres, Claude Levi-Strauss, Eric Orsena, Jean d’Ormesson et j’en oublie sans doute d’aussi illustres !
M. L. M.

(*) Professeur de l’enseignement supérieur, écrivain. Vice-président du Conseil scientifique de l’Académie africaine des langues.


En partenariat avec la chambre de commerce et d’industriel Rhumel Constantine, l’université Mentouri organise les 8 et 9 mars 2015, un séminaire international sur l’encadrement juridique et règlementaire de la publicité commerciale». Le but de ce colloque, est-il précisé, est de mettre l’accent sur les différentes législations et règlementation des praticiens de l’industrie publicitaire et l’utilisation de cette forme de communication commerciale comme arme de persuasion. Le tout consistant à l’achat et l’impact que peut engendrer cette pratique sur les consommateurs et la concurrence. Pour explorer cette thématique « encadrement juridique et règlementaire de la publicité commerciale, les organisateurs ont développé avec force détail la problématique du colloque comme suit : La publicité est omniprésente, en agglomération et hors- agglomération, dans les journaux, à la télévision et la radio, outre les médias traditionnels, maintenant plusieurs formes de publicité en ligne, elles existent grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (Internet, Smartphones…). Le phénomène publicitaire agit simultanément sur les modes comportementaux de la société, les méthodes des échanges, les structures de la communication sociale, selon un processus d’information progressive. Il influe directement sur l’ensemble des valeurs et des représentations sociales et contribue aux transformations sociétales, et crée le bouleversement des conditions de la production et des formes de la consommation. Sur le plan économique le secteur du commerce devenu manifestement concurrentiel, ouvre la voie aux diffuseurs de biens, des idées et des services, à mettre en œuvre les techniques les plus modernes de marketing, et adopter une politique de communication pour influencer les attitudes et les comportements des différents publics auxquels il s’intéresse. La régulation de la publicité constitue un enjeu fondamental dans la société, le législateur cherche impérativement à instaurer un régime juridique capable d’apaiser les diverses préoccupations, comment est organisée l’activité publicitaire, un monde imaginatif opposé au droit qui est rationnel et structuré pour défendre, protéger et rassurer. Et ceci à travers différentes législations, notamment le droit de la publicité qui est lui-même en cours de construction, et établir un équilibre entre les activités en corrélation, d’une part avec l’entreprise, en ce qui concerne la liberté de communication, à condition qu’elle doit se conformer aux lois, être décente, loyale et véridique. Conçue avec un juste sens de la responsabilité sociale et professionnelle et doit être en adéquation avec les principes de la concurrence loyale telle qu’ils sont généralement admis dans les relations commerciales. Et d’autre part pour assurer un degré élevé de protection du consommateur, contre toute forme de pratique commerciale déloyale avant, pendant et après une transaction commerciale, et également applicable à toutes les pratiques publicitaires qui nuisent à ses intérêts, en tant que maillon faible dans les méandres de la sphère économique, par rapport au professionnel qui bénéficie d’une position beaucoup plus forte. Le but de ce colloque, c’est explorer cette thématique, « l’encadrement juridique et règlementaire de la publicité commerciale» à travers l’analyse des axes ci-dessous : La publicité et les autres moyens de communication commerciaux. Souvent la publicité est confondue avec l’information, quelles sont les limites qui les séparent ? Peut-on considérer la politique des entreprises en matière de relation publique comme une forme de publicité ? Quel est le modèle règlementaire en Algérie, adéquat pour asseoir les conditions appropriées à la trilogie de base des professionnels de l’industrie publicitaire, en l’occurrence : Annonceurs, Agences et Régisseurs ? Le quasi-monopole de l’ANEP (ordonnance 68/78 du 12 avril 1968, portant institution du monopole de la publicité commerciale) est totalement opposé à la liberté d’expression publicitaire en Algérie, comment l’ANEP peut-elle contribuer à l’ouverture du marché de la publicité ? Pourquoi la notion de services publics confiés aux médias traditionnels (presse, télévision, radio)…, est de plus en plus réduite au profit des espaces et du temps réservés à la publicité ? Ces organes de communication peuvent-ils continuer à travailler est être accessible (exemple d’Internet), sans l’apport financier de la publicité ? Le contrat de publicité est un contrat consensuel, peut-on dire que cette adéquation, est-elle une forme spécifique ou bien elle fait partie des règles générales du droit commun.

L’encadrement juridique de la publicité commerciale en débat - See more at: http://www.lestrepublicain.com/constantine/item/21184-l%E2%80%99encadrement-juridique-de-la-publicit%C3%A9-commerciale-en-d%C3%A9bat#sthash.FpoG0z6L.dpuf
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La maison de l’entreprenariat de Constantine, créée en 2007 à l’université Mentouri, s’inscrit bien dans la tradition en organisant la 3ème édition des « stars de l’entreprenariat». Une manifestation qui a regroupé dimanche une quarantaine d’étudiants de la faculté des sciences et de la nature de l’Université des frères Mentouri. Une action qui s’inscrit, selon ses initiateurs en rapport direct avec la mission principale de la maison de l’entrepreneuriat qui est la sensibilisation. Celle-ci a pour but d’activer l’intention entreprenariale des étudiants à travers des programmes de diffusion de la culture entreprenariale. Une fonction de la dite maison qui consiste dans le pré-accompagnement des étudiants et des chercheurs porteurs d’idées de projet. Une fonction qui permet, dit-on de préparer le pas vers la création de leur propre micro-entreprise, à travers le dispositif de l’ANSEJ. Tout comme on saura que ce concours d’une durée de trois jours, permettra de consacrer les dix meilleurs projets sur les 50 en compétition. Le jury en place est composé de représentants de l’ANSEJ, des banques ainsi que de la Chambre d’agriculture. Celui-ci délibérera sur les meilleurs projets à retenir devant bénéficier d’un accompagnement.La formation occupe une place éminemment importante dans le processus grâce à l’encadrement assurée par les cadres de l’ANSEJ, visant à encourager les étudiants dans leur démarche entreprenariale afin de la mener à bien. L’expérience unique en Algérie entamée depuis 2007 à l’université Mentouri de Constantine autorise de grands espoirs à faire découvrir des potentialités chez les étudiants capables de s’imposer en créant leurs propres emplois.


Dès la préhistoire, l’homme a habité le site attiré par l’eau qui y coulait à profusion. C’est le cas de la Grotte des ours, appelée ainsi, en raison de la découverte d’ossements d’ours, ou de la grotte à mouflon, creusée dans la falaise de Sidi M’cid. De l’autre côté du ravin, se trouve la grotte des pigeons. On y a découvert des broyeurs, des meules, des haches ou encore des silex remontant au néolithique et paléolithique moyen. On y a également retrouvé des ossements de rhinocéros, zèbres, panthères…
Les hauteurs du djebel de Sidi M’cid étaient occupées par la nécropole des premiers habitants de l’agglomération, ce lieu sera par la suite l’emplacement des monuments aux morts de la Grande Guerre.
Cirta est considérée parmi les plus vieilles villes de l’Afrique du nord. Dès le IIe siècle avant J.-C., elle est citée comme étant l’une des capitales du roi Syphax.
En 203 avant J.-C., après la bataille de Zama et la prise de Syphax, Cirta se rend à Massinissa qui en fait sa capitale et y meurt.
C’est à Cirta qu’il lie son destin à la belle Sophonisbe, aristocrate carthaginoise.
Cirta est ensuite habitée par ses successeurs Massyles et Massaessyles qui embellissent la ville en y érigeant d’imposants monuments.
Aujourd’hui et de cette époque faste, il ne subsiste que le mausolée du Khroubs qui abrite le tombeau de Massinissa.
Au cours de cette période, la ville est le théâtre d’enjeux importants dans la guerre qui oppose Jugurtha aux soldats romains. Elle avait une fonction commerçante très importante et ce, bien avant l’invasion romaine. Des négociants italiens y étaient en effet établis aidant Adherbal à défendre la ville contre Jugurtha.
«Après la défaite de Juba Ier et l’occupation de l’Afrique par César, Cirta accéda au rang de capitale d’une région donnée en récompense des services rendus pendant la campagne, à un de ses auxiliaires, un aventurier Sittius, homme d’affaires campanien. C’est probablement en 44 avant J.-C., date de la mort de Sittius, que fut créée la colonie romaine de Cirta.» (1)
Plus tard, Cirta est le siège de la Confédération cirtéenne qui comptait les villes de Chullu (Collo), Milev (Mila) et Rusicade (Skikda). Cette confédération disparaîtra au milieu du IIIe siècle de l’ère chrétienne et Cirta redeviendra capitale de la province de Numidie cirtéenne en 297 sous Dioclétien. Elle connaîtra un nouvel essor sous Constantin (306-323) qui lui donnera son nom qu’elle gardera jusqu’à nos jours.
La ville était entourée de trois grands faubourgs, l’un au Koudiat Aty, le second sur le plateau d’El Kantara et le troisième sur l’emplacement de Sidi Mabrouk.
Après l’invasion vandale, la ville est assiégée. Elle résiste vaillamment mais finit par être occupée dix ans plus tard, soit en 455 après J.-C.
Lorsque les Byzantins occupent la ville, cette dernière sera le lieu de résidence de Guntharis, duc de Numidie et le siège d’un évêché.
C’est d’ailleurs sur l’ancien temple du capitole que l’église byzantine est érigée avec des matériaux d’époque romaine. Durant les premières années qui avaient suivi l’occupation française, Constantine possédait encore plusieurs monuments, tels que les restes du Capitole, situé à l’intérieur de la Casbah, ou encore l’arc de triomphe de la ville, le Tetrapylon et les restes du cirque.

Avènement de l’ère islamique
A partir du VIIe siècle, la ville est entre les mains de nouveaux occupants : les  musulmans. Ces derniers y établissent une garnison, avant de prendre une plus grande importance, sous le règne des Fatimides.
Sous les Zirides (988-989), Constantine, à l’instar des autres villes comme Tidjis, Sétif, Mila, Qasr al Ifriqi, dépendra d’Abû Za’bal Ibn Hisham, une sorte de superpréfet, familier de Bologguin.
Cela ne durera qu’un temps, puisqu’elle passera entre les mains de Hammad, oncle du sultan, qui refuse de la rendre à son neveu Badis, souverain de l’Ifriqiya.
Constantine fera, après cela, partie de l’Etat Hammadite. C’est Balbar, frère d’Al Nasir qui en aura la gestion. Avec l’arrivée d’Al Mansûr au pouvoir, Balbar se révolte et nomme en 1089 comme gouverneur de Constantine Abû Yakni.
Les Hammadites construisent la grande mosquée en 1063, elle subira, bien évidemment, avec le temps, de nombreuses transformations. Un grand flux commercial va s’installer dans la ville. Al Idrissi, géographe du roi Roger II de Sicile, en parlera en ces termes : «Cité peuplée qui a des souks et des marchands, des habitants aisés, vivant largement des transactions qu’ils font avec les Arabes et des contrats d’association qu’ils souscrivent, avec eux, pour les labours et pour le stockage des récoltes. Chaque maison possède un ou deux silos creusés dans le roc très propices à la conservation des céréales. Le froment séjourne dans les silos cent ans sans se gâter. Ils ont du miel en abondance, ainsi que du beurre salé qui est exporté dans tous les pays. » (1)
Constantine étant un lieu d’échanges, aussi, Ibn Tumart y fait escale un temps, avant de continuer sa route vers Béjaïa pour rencontrer Abd el Mumin, futur dynaste. Par la suite, et lors de l’expédition de ce dernier contre le royaume almohade, Béjaïa tombe après une courte résistance. Quant à Constantine, elle se rend en 1152 après avoir reçu du calife la promesse d’être épargnée.
A l’époque almohade, Constantine fut dotée d’une citadelle (qasaba), une vile dans la ville avec des remparts lui permettant de résister aux assauts étrangers. Elle avait ses rues, sa mosquée-cathédrale, où le gouverneur faisait sa prière.
Les Hafsides, successeurs des Almohades, firent de Constantine le siège d’un gouvernorat. Ils bâtirent dans la ville et fortifièrent les remparts (entre 1282 et 1285). Elle renoua avec l’activité commerciale et des traités de commerce furent signés entre les rois de Constantine et des négoces Marseillais, Catalans, Vénitiens, Pisans…
De nombreux édifices religieux voient le jour dont il ne subsistera pas grand-chose aujourd’hui. La seule mosquée du quartier que l’on connaît, c’est celle du cheikh Abû Abdallah al Safar, enterré en 1349 à l’intérieur de Bab el Qantara. On héritera aussi d’une autre mosquée datant du XIIe siècle, en l’occurrence Sidi Abû-al Hassan’ Ali ibn Makhluf.
La partie sud-ouest de la ville était dotée d’une porte, Bab el Oued. C’est par là que se faisait l’essentiel du trafic avec l’extérieur. Sur cette même façade se trouvait Bab el Hamma et, à l’opposé, sur la partie orientale de la ville, Bab el Qantara s’ouvrait sur le ravin. Toutefois, ce pont sera détruit en 1304 par Ibn Al Amir, lorsqu’il fut assiégé par Abû al Baqa’.

Constantine sous l’autorité hafside
Au début du XVIe siècle, sous le règne hafside le pays se morcelle en un certain nombre de principautés. Le cheikh de Constantine gouverne de manière autonome la région de Bûna (Annaba) et d’El Koll (Collo).
L’arrivée des frères Barberousse à Jijel puis à Alger change la carte politique d’une partie de l’Afrique du nord. Peu de temps après, Kheireddine s’empare de Collo (1521), Bûna et Constantine (1522).
Trois ans plus tard, Hassan Pacha, fils de Kheireddine découpe le pays en trois provinces, gérées par trois beys. Ces derniers composent avec les puissantes tribus de la région (Henencha et Mokrni). Plusieurs édifices sont construits, à l’image des mosquées du Souk el Ghezel (mosquée de Hassan, 1730), de Sidi Lakhdar (1743), de Sidi Abderrahmane el Qaroui et de Sidi Lakhdar el Kettani. Selon Mercier, la ville comptait 79 édifices religieux dont 10 mosquées-cathédrales. La médina de Constantine comptait aussi 1700 maisons et s’organisait autour de cinq grands ensembles : la qasbah au nord-ouest, el Kantara au sud-est, Bab el Djabia au sud-ouest et Tabia au nord-ouest. Une vingtaine de fondouks étaient répartis dans l’ensemble de la médina, servant d’entrepôts aux marchandises, d’ateliers pour les artisans et d’hôtels pour les marchands de passage en ville. Les places de marchés appelées aussi rahba participaient à la vie commerçante de la cité.

La prise de Constantine par les troupes françaises

Ahmed Bey a été le dernier bey de Constantine (1826-1837). Né vers 1784 d’un père turc et d’une mère algérienne, de la tribu des Ben Gana, Amed Bey prit part à la défense de la capitale lors de la prise d’Alger en 1830. Après le départ du dey Hussein pour Istanbul, Ahmed Bey continua à organiser la résistance dans la province. Avec l’accord de la population constantinoise, il choisit le drapeau rouge orné du sabre bifide, de même qu’il fit battre monnaie entre 1830 et 1837. Le 21 novembre 1836, le maréchal Clauzel, à la tête de 10 000 hommes, se positionne sur le plateau de Mansoura, mais il ne réussira pas à prendre la ville, les autochtones y opposant une farouche résistance. D’ailleurs, lors des combats, le général Trézel sera grièvement blessé, ce qui poussera le maréchal Clauzel à battre en retraite.
Le 6 octobre 1837, une seconde expédition est décidée. Le duc de Nemours et le général Trézel stationnent près du Rocher. Après quatre jours d’attente, ils finissent par ouvrir une brèche dans l’enceinte et accèdent à l’intérieur de la ville. Là, la population les attend de pied ferme et s’engage avec eux dans un affrontement sanglant. Ahmed Bey continue à résister, y compris dans le sud et ce, jusqu’en 1848, lorsqu’il se rend à Biskra et est placé en résidence surveillée. Il mourra le 30 août 1850 à Alger. A la suite de l’occupation française, le tissu urbain de la ville de Constantine connaîtra d’importantes transformations qui iront jusqu’à sa défiguration.
Le dernier bey de Constantine fit construire son célèbre palais de 1826 à 1835. Il fit appel à deux artistes réputés, El Hadj el-Djabri, originaire de la ville, et le Kabyle El-Khettabi.
Ce palais est, aujourd’hui encore, la trace vivante du faste et du génie des bâtisseurs ottomans. Sa construction débute en 1826 et s’achève en 1835. Pourtant, le bey n’en jouira pas longtemps puisque le palais ne tardera pas à être occupé par l’armée française.
Le palais Ahmed-Bey (également appelé palais de la Division) occupe tout un côté de la place Foch (ancienne place du Palais, aujourd’hui place Si Haouès). Ce vaste édifice (5609 m2) fut construit à l’emplacement de vieilles maisons accolées les unes aux autres et fut achevé peu de temps avant la prise de Constantine par les Français.
Les bâtiments d’ordonnance assez irrégulière s’organisent autour de deux jardins spacieux et de deux cours plus petites. Au milieu se trouve le kiosque du bey qui, éclairé de tous les côtés par des fenêtres, permettait une active surveillance. C’est dans ce palais que le harem était logé.
Pour construire son palais, Ahmed Bey n’hésita pas à utiliser des matériaux de toutes provenances. Les colonnes et autres pièces de marbre furent achetées en Italie et transportées, par l’entremise du Génois Schiaffino, de Livourne à Bône, où les attendaient des caravanes de muletiers et de chameliers. Le bois de cèdre fut demandé aux tribus de l’Aurès et de la Kabylie. Les pierres de taille furent prélevées sur les ruines de l’antique Cirta. Cela ne suffit pas au bey qui réquisitionna tout ce que les principales habitations de Constantine possédaient de remarquable comme marbres, colonnes, faïences, portes et fenêtres. Visitant le palais en 1837, le peintre Horace Vernet en fera la description suivante : « Figurez-vous une délicieuse décoration d’opéra, tout de marbre blanc et de peintures de couleurs les plus vives, d’un goût charmant, des eaux coulant de fontaines ombragées d’orangers, de myrtes... enfin un rêve des Mille et Une Nuits. »
Après en avoir délogé le bey, les Français en feront d’abord le lieu de résidence du général commandant la division de l’état-major, avant d’abriter les services de la direction du génie, du bureau arabe divisionnaire, du conseil de guerre et du bureau arabe subdivisionnaire. Un buste en bronze de Napoléon III rappelle le séjour que fit l’empereur dans ces lieux en 1865.

Constantine, cité des sciences et de la culture


Exposée aux multiples convoitises de ses conquérants, Constantine a su garder en elle les traces de toutes ces civilisations qui se sont succédé sur son rocher. Au fil des siècles, elle a réussi à se forger la réputation de la ville du savoir, tant en Algérie que dans tout le Maghreb.
Riche de cette diversité et de ce mélange culturel et civilisationnel, Constantine n’a cessé de grandir et toute cette grandeur est perceptible et palpable au détour de chaque ruelle, chaque édifice, chaque pont et chaque monument. D’ailleurs, il suffit de visiter son célèbre musée situé sur le plateau du Coudiat pour prendre conscience de toute l’immense richesse de cette cité.
Constantine, c’est aussi deux grandes universités, parmi les plus importantes d’Algérie. La première, l’Université Mentouri (UMC), a été dessinée par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer. Depuis son inauguration en 1971, elle accueille chaque année des milliers d’étudiants algériens et étrangers, répartis sur plus d’une dizaine de campus, plus de trente départements, et offre près d’une centaine de spécialités. L’autre enceinte universitaire qui fait la réputation de Constantine, c’est l’Université des sciences islamiques, inaugurée en 1994, en même temps que la grande mosquée Emir Abdelkader dont elle partage les bâtiments. Cette dernière est un véritable monument architectural que beaucoup comparent au célèbre monument indien Taj Mahal.
Constantine, c’est par ailleurs, cette élite rare d’écrivains, de poètes et de savants enfantée depuis plusieurs siècles. Tous ont marqué de leur empreinte l’histoire de cette ville, apportant, chacun dans son domaine, sa pierre à l’édification de cette cité millénaire.
Si Abdelhamid Ben Badis est la figure intellectuelle constantinoise de référence, bien avant lui, d’autres personnalités ont marqué de leur empreinte l’histoire de Constantine. De Massinissa, premier roi de la Numidie unifiée, à Marcus Cornelius Fronto, orateur célèbre et précepteur de l’empereur Marc Aurèle, en passant par Constantin 1er refondateur de la ville, Salah Bey et Hadj Ahmed Bey, ou plus récemment, Malek Bennabi et Fodil El Ouartlinani, penseurs musulmans, Malek Haddad, Kateb Yacine et Ahlam Mostaghanemi, écrivains reconnus, Abdelkader Chanderli, premier cinéaste algérien à avoir filmé dans les maquis du FLN et autant d’artistes comme El hadj Mohamed Tahar Fergani, Chafia Boudraâ ou Hadj Smaïn Mohamed El Hadj, comédien, metteur en scène et ancien directeur du Théâtre régional de Constantine, et bien d’autres encore, tous ont participé à l’essor intellectuel de leur ville.

Notes biographiques sur Abdelhamid Ibn Badis

Né à Constantine le 04 décembre 1889, Abdelhamid Ibn Badis faisait partie d’une famille dont les origines remontaient aux Zirides. Bologhine Ibn Ziri, fondateur d’Alger, était l’une des figures célèbres de cette famille princière. Ibn Badis apprit très jeune le Coran ainsi que les principes de base de la langue arabe, des sciences et de la religion islamique. Placé sous la tutelle d’un précepteur, en l’occurrence Hamdân Lounissi, de la confrérie Tidjaniya, il sera marqué à vie par cet homme et ses idées. A partir de 1908, il intègre l’Université Zitouna à Tunis où il subit l’influence d’autres maîtres, comme Tahar Benachour, adepte du mouvement salafi-réformiste musulman, prônant le retour à un islam purifié de toutes les déformations qui l’ont dénaturé.
Obtenant son diplôme en 1912, Ibn Badis enseigne pendant une année au sein de Zeitouna. Après le pèlerinage à la Mecque, il côtoie le mouvement réformiste wahhabite. De retour en Algérie en 1913, il se consacre à l'enseignement et à l'action culturelle, avant de vouer toute son énergie à la réforme de la pratique religieuse.
Rentrant en relation avec Mohamed Abdou et Rachid Rédha, il participe au mouvement de l'Islah musulman et publie dès 1925 Al Mountaqid, journal dans lequel il amorce un travail profond de prise de conscience nationale.
 Après l'interdiction de cet organe, il lance la même année «El Chihab» (le météore) puis El-Bassaïr (visions d'avenir) où il contribue à faire renforcer dans les plus larges masses les concepts du nationalisme, de l'arabisme et de la fidélité a l'Islam, les trois piliers de la personnalité algérienne.
Fondateur de l’Association des oulémas d’Algérie, il prend part au Congrès musulman d’Alger en 1936 et déploie une activité constamment entravée par l’administration coloniale. Il meurt le 16 avril 1940 à Constantine, depuis, cette date, baptisée Youm El Ilm (Journée du savoir), honore sa mémoire et son parcours intellectuel exemplaire.

Le viaduc Transrhumel
La 8e merveille de Constantine

Inauguré le 26 juillet 2014 lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le viaduc Transrhumel, ou la huitième infrastructure du genre de la ville des Ponts suspendus, est un imposant pont aux lignes futuristes, dont les deux immenses mâts sont effilés au maximum pour ne pas heurter le panorama de la ville. Dénommé « Pont Salah Bey » du nom du bey dont la gouvernance, à Constantine s’est étalée de 1771 à 1792, ce pont est, en matière de travaux publics et d’ouvrages d’art, la plus importante réalisation depuis l’indépendance dans la cité du Vieux Rocher. D’une longueur de 1.119 m et d’une largeur de 27 m, ce viaduc géant, au design futuriste, a métamorphosé la configuration urbaine de cette ville qui cherche, coûte que coûte, à recouvrer son aura d’antan et à récupérer son statut de capitale de l’Est algérien. Le viaduc avait été confié en étude et réalisation au groupement brésilien Andrade-Gutierrez pour un montant de 18,7 milliards de dinars.
Réceptionné avant l’expiration du délai contractuel mentionné sur le marché passé avec l’entreprise brésilienne (août 2014), ce projet structurant dont les travaux ont été lancés en 2010 est d’une longueur totale (viaduc, connexions et accès) de 4,3 km.
Ce pont dont le tablier est d’une largeur de 27,34 m pour 2 x 2 voies en plus de trottoirs pour la sécurité des piétons, relie sur une distance de plus de 1.100 m, après avoir enjambé le lit du Rhumel qui se trouve plus de 130 plus bas, la Place de l’ONU, au centre-ville, à la route de Batna avant d’atteindre le plateau du Mansourah à la faveur de la construction d’une nouvelle route de 3 km. Cette infrastructure de base à double voie est aujourd’hui le témoin du degré de développement atteint par l’Algérie. Dans une ville comme Constantine où les relations entre les hommes ont eu toujours besoin d’un pont pour se maintenir, la construction d’un nouvel ouvrage n’a finalement rien d’un « luxe » ou d’un « fantasme ». En effet, le Transrhumel accentuera le cachet aérien de la ville de Constantine, et justifiera sa réputation de nid d’aigle numide.

Les Sept ponts de Constantine

La position de Constantine sur un rocher avec ses gorges profondes et exceptionnelles a, de tout temps, constitué des remparts contre les envahisseurs et les conquérants qui se sont lancés à l’assaut de la ville. Toutefois, ces mêmes conquérants dans leur désir de prendre possession de Constantine ont imaginé le meilleur moyen de franchir ces gorges et ils ont érigé des ponts traversant les abîmes du Rhumel. Aujourd’hui, l’antique Cirta est connue sous le nom de la ville des ponts suspendus. Sept ponts caractéristiques facilitent aujourd’hui les déplacements quotidiens des Constantinois.
Le pont de Sidi M’cid, connu aussi sous le nom du pont suspendu ou la passerelle de Sidi M’cid, traverse les gorges à 175 m au-dessus du Rhumel. Long de 164 m, large de 5,70 m, il supporte une charge de 17 tonnes. Il a été conçu par l’ingénieur français Ferdinand Arnaudin, et inauguré en avril 1912 pour relier la Casbah au nouvel hôpital et au monument aux morts.
Le pont des Chutes, construit en 1925, franchit, quant à lui, le Rhumel  juste à la sortie des gorges, presque sous la passerelle de Sidi M’cid.
Les eaux de l’oued se précipitent alors, en plusieurs chutes, d’une hauteur de 80 m vers la plaine du Hamma. A cet endroit les gorges dominent d’une hauteur de 200 mètres.
La passerelle Mellah Slimane connue durant l’occupation française sous le nom de la passerelle Perrégaux ou Pont de l’Ascenseur, est située entre les ponts de Sidi Rached et d’El Kantara. Construite entre 1917 et 1925, elle fut ouverte à la circulation le 12 avril de la même année et est réservée aux piétons. D’une longueur de 125 m, d’une largeur de 2,40 mètres, elle  relie le quartier de la gare au centre-ville, via un escalier, ou l’ascenseur de la Médersa.
Le pont de Sidi Rached.  Sa construction est lancée en 1907 par M. Georges Boisnier, spécialiste des grands ponts et nouvel ingénieur en chef. Etabli sur 27 arches de pierre de taille dont une centrale de 70 m d’ouverture et haute de 105 m, il mesure 447 m de long et 12 m de large. Le pont de Sidi Rached est inauguré le 19 avril 1912. Ce pont  permet de relier le centre-ville au quartier de la gare, et donne accès à la route sortant vers le sud.
Le pont du diable réservé exclusivement aux piétons est un ouvrage d’origine turque. Il semble qu’il tient son appellation du bruit infernal des eaux en furie qui coulent en dessous et qui pénètrent dans les gorges à cet endroit même.
Le célèbre pont d’El Kantara fut la voie d’accès principale de Constantine et le lieu des principaux assauts de la ville aussi. Les dimensions du pont d’El Kantara sont impressionnantes. Il mesure, en effet,128 mètres de long et domine le Rhumel d’une hauteur de 125 mètres. Il se compose de deux piles de maçonnerie édifiées sur chacune des rives du ravin distantes de cent (100) mètres au niveau du sol et reliées par une arche de 56 mètres de portée.
Enfin, le viaduc Transrhumel, ou la huitième infrastructure du genre de la ville des Ponts suspendus.
 
El-Djazaïr.com


par A. M.

Les recommandations issues du séminaire international sur l'architecture, qui s'est tenu samedi à l'université des Frères Mentouri de Constantine, ont mis un accent particulier sur la qualité architecturale des constructions qui doivent refléter l'identité et la culture du pays. Avec la promotion du patrimoine bâti traditionnel, les pratiques de sa gestion, sa restauration et de sa réhabilitation, de sa rénovation et sa mise en valeur, ce sont pratiquement les deux points essentiels sur lesquels ont insisté les architectes séminaristes «pour lancer le défi du 21e siècle auquel doit faire face leur profession», comme ils l'ont souligné dans les différents documents de ce séminaire. Dans ces mêmes recommandations, les professionnels sont revenus pour poser la question de la maîtrise d'œuvre des projets en la liant au rôle et à la place de l'architecte dans l'intention de souligner la mission éminente de ce dernier dans la maîtrise d'œuvre. Et de commencer par recommander que les cahiers des charges, contenant les prescriptions techniques, soient élaborés sous la supervision de l'architecte. Et déjà le premier cahier descriptif relatif à la wilaya de Constantine va être présenté par le conseil local de l'ordre des architectes, nous ont indiqué les organisateurs du séminaire. La seconde recommandation faite à l'issue du séminaire insiste sur le renforcement du décret législatif 94-07 concernant la profession d'architecte par des décrets d'application. Et à ce sujet, les architectes ont exigé l'institution de concours d'architecture pour chaque projet tout en mettant en place un jury composé d'architectes pour veiller à la promotion de la qualité architecturale des constructions. Ils ont demandé également aux secteurs concernés d'impliquer l'architecte dans toutes les commissions communales, de wilaya, les guichets uniques pour le contrôle des permis de construire. D'autre part, l'activation des comités d'urbanisme institué au niveau de chaque wilaya est souhaitée afin de vérifier la qualité architecturale. Et dans ce cadre, il est impératif d'utiliser des matériaux adéquats de bonne qualité et le choix de ces matériaux doit être vérifié à la base.

Revenant à la question de la gestion du patrimoine architectural bâti, les séminaristes ont recommandé de faire participer l'ordre des architectes au classement des sites et à la conduite des opérations de protection du patrimoine. Ils estiment qu'il est également opportun de revoir les textes régissant ce secteur afin d'ouvrir la voie devant les architectes qui ont acquis une expérience dans la préservation du patrimoine. Enfin, question formation, les séminaristes ont recommandé aux pouvoirs publics la création de quatre ou cinq écoles d'architecture à travers le pays qui fonctionneront suivant le système classique. D'autres recommandations non moins importantes sont sorties de cette rencontre qui a réuni, aux côtés des professionnels locaux de toutes les régions du pays, des architectes venant de plusieurs pays arabes, de France et du Canada, et dont l'ouverture a été faite par le ministre des Travaux publics qui était accompagné du secrétaire général du ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, des responsables de l'ordre national des architectes et des autorités de la wilaya.


Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, a présidé, hier, à l’hôtel Hilton, la cérémonie marquant l’ouverture de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat (GEW), en Algérie, célébrée également dans plus de 160 pays à travers le monde.

Organisée par la Nouvelle approche de partenariat, de l’entrepreneuriat et des opportunités (NAPEO), cette manifestation, qui durera jusqu’au 30 novembre, regroupe des entrepreneurs locaux, de jeunes managers, des investisseurs, des scientifiques, des hommes d’affaires, et représentants institutionnels dans un objectif commun qui consiste à stimuler le potentiel novateur, et l’initiative d’entreprendre chez les jeunes talents, notamment au sein des universitaires.  NAPEO, qui compte sur une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés pour la réussite de l’évènement, s’investit également dans le processus d’intégration des jeunes, en particulier, les porteurs de projets dans les réseaux internationaux pour partager leurs idées, développer leur savoir-faire. Dans ce contexte, des ateliers et tables rondes sont prévus pour conseiller et guider les jeunes dans leur démarche. Aussi, cette quatrième édition de la GEW, qui se déroulera sous le thème de l’écosystème entrepreneurial, de par son rôle dans la croissance économique, l’innovation et la création d’emploi, prévoit la contribution de plus de 500 partenaires et collaborateurs, et plus de 2.000 activités à travers les 48 wilayas du pays. «Cette rencontre est hautement significative en cette phase de relance de notre économie. Nous avons l’expérience industrielle, une expertise reconnue, la culture du challenge, et toutes les conditions pour rentrer dans le cercle restreint des pays émergents et figure parmi les acteurs qui contribuent aux reconfigurations en cours de l’économie mondiale.» Le ministre de l’Industrie et des Mines qui a exprimé l’intérêt du gouvernement pour la promotion de l’entrepreneuriat dans le cadre de son plan d’action, a mis l’accent sur la nécessité d’impliquer la jeunesse, mais aussi, «toute l’intelligence existante dans notre pays pour engager le pays dans les challenges industriels et technologiques qui font l’industrie de demain».
Le gouvernement, a souligné M. Abdesselam Bouchouareb, œuvre à créer les conditions nécessaires pour mobiliser cette ressource dans l’action de construction de l’Algérie. Un processus qui se construit, a-t-il dit, par la «force de la volonté de sa jeunesse, par l’excellence, par l’innovation et par la compétitivité de ses entreprises». Le gouvernement, qui est conscient de ces enjeux et défis, a-t-il fait savoir, vise, dans son action, à initier la jeunesse entreprenante dans l’effort de la relance économique. En effet, le capital humain reste la clé de la réussite et «le signe le plus évident de la puissance des nations. L’intérêt pour cette manifestation s’est traduit, a ajouté le ministre par une série de mesures favorisant la création d’entreprises, en particulier par les jeunes, ce qui a eu un impact notable sur le tissu de la PME. Le ministre a également mis en avant la convergence entre les objectifs de cette rencontre et ceux retenus dans la politique de son département en matière d’appui à l’esprit entrepreneurial, et la création d’entreprises. Aussi, les thèmes suggérés par l’ordre du jour, notamment l’écosystème entrepreneurial, rejoignent les préoccupations du gouvernement en matière de développement, a affirmé M. Bouchouareb. Il s’agit, note le ministre, d’aborder les conditions de création d’entreprises à fort potentiel, la relation université-entreprise, les facteurs de développement de la compétitivité des entreprises au niveau local et régional, l’accès aux réseaux, et la promotion de la culture entrepreneuriale. Et pour cause, «nous voulons que cette nouvelle étape dans le développent de notre économie soit portée par la volonté d’entreprendre», a conclu le ministre qui a fait savoir que l’Algérie a postulé pour abriter le congrès mondial de l’entrepreneuriat en 2017. Le président de NAPEO Algérie, Mehdi Bendimérad, a déclaré que la mission de l’association consiste à «dynamiser le système entrepreneurial en Algérie». Dans cet objectif, GEW mène la plus grande campagne mondiale pour la promotion de l’esprit d’entreprendre. L’évènement qui est célébré dans note pays pour la 4e fois consécutive, contribue, a-t-il indiqué, à l’émergence de nouvelles entreprises. Il rappelle qu’en 2013, 981 activités ont été organisées dans ce cadre avec 251 partenaires et la participation de plus de 250.000 personnes. Cette année, a-t-il affirmé, GEW prévoit plus de 2.000 activités et 598 partenaires pour impulser l’esprit d’entreprendre. La vice-présidente de NAPEO, Mme Fatiha Rachedi, a déclaré, pour sa part, que la présence des officiels à cet évènement «est un signal fort quant à l’accompagnement dans cette démarche». Et d’ajouter que «seuls la science et le travail permettent à l’entreprise de s’investir dans la division mondiale du travail». Aussi, la mise en réseau des talents n’est pas seulement bénéfique, mais constitue aussi une condition de la croissance locale. Mme Rachedi a évoqué les résultats positifs obtenus lors de la précédente édition, l’Algérie ayant décroché la quatrième place dans le concours mondial de l’entrepreneuriat, pour dire que l’ambition est de faire plus durant cette année. La GEW 2014, a-t-elle précisé sera élargie à d’autres aspects de la problématique de l’écosystème entrepreneurial, pour ne pas rester confiné dans un cadre restreint.
Le président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), Amor Benamor, a plaidé pour l’encouragement de la création d’entreprises, le nombre de 700.000 recensé actuellement ne reflétant pas le potentiel réel. En 10 ans, 420.000 entreprises ont été crées dans le cadre des différents dispositifs. Ce n’est pas suffisant, il faudra œuvrer pour optimiser cette cadence et croître les exportations. Le président de la CACI a également parlé de nécessité d’assouplir les procédures d’investissements et de création d’entreprises. Selon l’intervenant, il faudra encourager les jeunes à entreprendre car l’avenir est en Algérie. La CACI s’engage, a-t-il assuré, à prendre en charge les 10 premiers lauréats du concours d’entrepreneuriat pour cette quatrième édition, en matière de formation et d’accompagnement.
D. Akila | El Moudjahid


Le centre de Constantine, ce vieux quartier porteur d’une charge mémorielle intarissable, est aujourd’hui mis entre parenthèse. L’échéance d’un évènement imminent s’approche rapidement et les chargés des festivités s’activent pour  être prêts pour le jour J. Avril 2015, nous découvrirons  le nouveau visage d’une ville qui subit ces jours-ci des liftings intenses. Comme il est difficile de trouver le moindre détail d’une arabité prise comme prétexte pour hisser Qacentina au rang d’une capitale  de la culture arabe, les chantiers continuent de préparer une «mariée» pour des noces, non sans avoir au préalable «étirer» la peau sur les zones visibles. Il est surement question de faire honneur aux prétendants, qui enlèveront son voile pour s’émerveiller  face à un look radieux.

La vie professionnelle des commis de l’Etat est un périple, ils traverseront diverses zones géographiques du pays, avec des haltes dans quelques villes. Ils y feront tout pour marquer leur passage et satisfaire une tutelle très regardante sur la concrétisation de sa politique. L’exercice consiste à rendre une belle copie après avoir hérité d’une ville comme d’un «brouillon». Mais savent-ils au moins ce que signifient chez les habitants tous les stigmates sur les édifices, les traces sur le pavé, les empreintes d’une main sur les enduits des murs sans aplomb ?

A Constantine,  les chantiers s’attèlent  à effacer  sans distinction. L’authentique est réduit à un vulgaire produit frelaté. La pierre bleue est détrônée par un produit aggloméré bon marché. Faut-il rappeler que celle utilisée à Constantine a été extraite du site-même? Cette authenticité fait la particularité de la ville ! L’administrateur est dans la logique du renouveau et du pimpant. Les rendus cathodiques  peuvent glisser quelques retouches sur les textures et produire des visuels surréalistes. Dans son cursus, il traverse la ville, tout détail local signifiant est, pour lui, une lubie futile.

L’habitant est dans l’affectif. La moindre égratignure, la moindre trace d’impact illustrent  la gravure qui ne figure pas dans les annales urbaines, mais présente dans les biographies individuelles. Chaque habitant a son histoire urbaine souvent liée à un lieu, à un recoin dans la ville. L’effacer c’est plonger dans l’irréversible! A Constantine, des édifices ont été reconvertis. Des activités appropriées avaient supplanté d’autres obsolètes, mais le contenant est resté immuable.

Garage Citroën est même resté dans le vocabulaire, El Khalifa l’avait quelque peu bousculé. Les vocables visaient cet édifice s’imposant dans la perspective des Allées. Sa façade avec  des arcs monumentaux, a été composée pour répondre à un impératif de l’art urbain.
Des rues-escaliers dont les encoignures se sont effritées, marches impactées, c’est le tribut des multiples défis contre les hommes et l’usure du temps. Chaque stigmate est une ride sur le corps d’une ville qui a besoin de vieillir dans le respect et dans la déférence et non pas dans la facticité du rajeunissement précaire et éphémère.

Pour l’administrateur, gérer la ville n’est qu’un intermède pour exercer et rendre une copie satisfaisante. Pour l’habitant, sa ville est son unique cursus. Un parcours jalonné de vicissitudes que la mémoire transforme en perles mises dans un beau coffret, juste pour les extraire à l’usure du temps. Constantine est appelée à demeurer une belle vieille ville, authentique berceau de l’humanité,  éternellement accrochée à son rocher ombilical.

A. Bouchareb | el watan

Fusion is an Algerian student magazine edited in English; it aims to fill the vacuum in the written English productions in Algeria. The idea of the magazine blossomed as a group of university students, teachers and adherents of the American Corner Constantine decided to launch a magazine that would reflect their thoughts, dreams and hopes by means of English; their favorite language.

Fusion Magazine - #01 - March 2014


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