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Un espace à visées professionnelles

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La mondialisation et l’émergence de nouveaux besoins ont poussé les didacticiens et les concepteurs de programmes d’enseignement à revoir les contenus déjà proposés et de les rendre plus rentables au profit du secteur économique et des demandeurs d’emploi.

L’université des Frères Mentouri de Constantine s’oriente vers un autre dispositif pédagogique dans sa stratégie en matière d’employabilité.

Après les stages en entreprise, les entrepreneuriales, les portes ouvertes sur le monde socio-économique, les ateliers et conférences, les programmes d’emploi, c’est la maîtrise des langues à visées professionnelles qui focalise les intérêts en ce début d’année universitaire. Pour cette rentrée 2016-2017, l’UFMC se prépare à ouvrir un espace consacré aux langues et à l’emploi. Il sera doté de missions avec des activités et des formations, et sera soutenu par des outils d’observation sur l’évolution de cette question et des besoins des secteurs socio-économiques. «L’espace en question est avant tout un milieu d’échange et d’interaction.

Il est conçu autour d’un ensemble d’activités, à savoir sessions, ateliers et formations en langues. L’objectif est d’initier l’étudiant à la vie professionnelle en lui proposant une remédiation pédagogique et didactique efficace aux multiples difficultés qu’il éprouve, et en le plaçant au centre d’un algorithme d’apprentissage basé sur l’autonomie et l’indépendance», estime-t-on dans la présentation du projet. «Il est indéniablement admis que les exigences liées aux profils et aux postes de travail font que la maîtrise des langues permet d’accéder à un univers souvent considéré comme hautement codifié et complexe. L’enseignement/apprentissage des langues est devenu de nos jours un atout majeur pour la réussite professionnelle. Investir dans le développement de cette industrie didactique est considéré comme une mission importante au niveau de l’université.

Cette mission a pour objectif de former un citoyen communicant qui peut s’adapter à n’importe quelle situation professionnelle. Dans la pratique universitaire et académique, cette problématique a intégré la construction et la déclinaison des parcours de formation qu’ils soient académiques ou appliqués, elle a intégré notamment la mise en place de programmes de formations permettant l’apprentissage des langues et des outils de communication, du travail et des échanges internationaux», a expliqué le recteur de l’UFMC, le professeur Abdelhamid Djekoun.

Concrètement, l’application de cette nouvelle dynamique se traduira par l’organisation d’activités pour pratiquer couramment et de façon permanente les langues, des formations destinées à l’amélioration du niveau d’acquisition et de performance dans les langues, d’ateliers pour exercer, expérimenter et travailler sur des cas de figure appropriés (rédaction, rapport, communication, discours…), et des écoles de perfectionnement dans l’usage et la maîtrise des langues. Et notre interlocuteur de préciser : «Cet espace sera notamment un lieu de pratique, de prospection, d’évaluation, de réflexion, des enquêtes et de recherche académique. Il saura définir les meilleures approches pédagogiques et didactiques des langues appliquées.»


FORMATIONS, SESSIONS ET ATELIERS

L’enthousiasme affiché par l’université prête-t-il à l’optimisme puisque ce projet implique sans nul doute des moyens humains et matériels conséquents. «L’espace ‘‘Langues et emploi’’ va sans doute mobiliser beaucoup de moyens, de compétences, de personnes, et ouvrira de nouvelles perspectives au profit de la relation ‘‘université/entreprise’’, particulièrement par rapport du développement de la ressource humaine», a argumenté le recteur.

Ce projet très ambitieux est d’autant séduisant quand on apprend qu’une pléthore de langues en sera le pivot. Les langues qui seront au menu de cette nouvelle dynamique sont : l’arabe, le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le turc et le chinois.«La maîtrise des langues étrangères est devenue aujourd’hui un atout majeur pour la réussite professionnelle. Langues de communication, de recrutement, d’échanges internationaux, les connaissances linguistiques permettent d’accéder à un univers très vaste, multiculturel et certainement plurilingue, où chacun peut évoluer progressivement en fonction de ses ambitions et de ses compétences. La mondialisation et l’émergence de nouveaux besoins ont poussé les didacticiens et les concepteurs de programmes d’enseignement à revoir les contenus déjà proposés et de les rendre plus rentables au profit du secteur économique et des demandeurs d’emploi», ont argué les instigateurs du projet. Cela devrait se faire en quatre activités principales.

La première est une série de sessions destinées à présenter le monde d’emploi et les acteurs socio-économiques aux étudiants. Une approche censée faire découvrir le monde de l’emploi et réfléchir sur les débouchés professionnels à envisager selon le cursus suivi. «Il ne s’agit pas de donner une formation technique spécialisée, mais de permettre un contact suffisant avec le monde professionnel», selon la présentation du projet. La deuxième activité sera sous forme d’un atelier dont le thème est «Recherche scientifique et emploi». L’objectif vise à permettre à l’étudiant de définir un projet de recherche à partir du domaine de l’emploi, envisager de nouvelles problématiques en rapport avec le nouveau profil des entreprises locales et définir et présenter de nouvelles pistes épistémologiques et méthodologiques aux étudiants. La troisième activité prend la forme d’un atelier d’écriture.

Ce qui permettra à l’étudiant d’exprimer ses pensées de façon souple et ludique et de présenter des techniques de rédaction faciles à utiliser. L’ultime action est la formation en langues vivantes à visées professionnelles. Elle peut être considérée en tant que matrice du projet. Elle se traduit par un programme de formation aux langues dans le secteur de l’emploi. Les contenus proposés s’organisent autour de plusieurs objectifs, notamment l’encouragement de l’apprentissage des langues vivantes et des codes socioculturels en vue d’obtenir une indépendance sociale et professionnelle, le renforcement des compétences linguistiques (à l’oral et à l’écrit) de base relatives au poste de travail et l’initiation à l’univers linguistique du travail.

Naima Djekhar
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