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Colloque international sur le plurilinguisme: Nécessité de «dépassionner le débat»

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« L'Algérie est un pays riche en langues, un pays riche en cultures et en tant que chercheurs on se doit de réfléchir sur la manière d'intégrer toutes les langues en présence dans le processus de l'enseignement apprentissage», nous a déclaré hier le professeur Cherrad Nedjma, enseignante-chercheuse à la faculté des lettres et des langues de l'Université Mentouri de Constantine à l'ouverture du colloque international sur «les dynamiques plurilingues, usages et enseignement des langues» qui se tient les 9 et 10 mai en cours dans le bloc 500 places pédagogiques de cette université. Notre interlocutrice qui fait partie du comité scientifique du colloque indiquera que ce dernier s'articule sur trois volets de recherche : l'enseignement apprentissage dans les situations plurilingues, le plurilinguisme dans le contexte social et le plurilinguisme dans le contexte institutionnel. «L'objectif a été d'abord de réunir un grand nombre de chercheurs de renommée internationale à travers le monde». Elle poursuivra en notant qu'il y a des invités de France, de Tunisie, de Turquie qui viennent partager avec une palette de chercheurs algériens des universités de Tizi-Ouzou, Batna, Mascara, Mostaganem et de Constantine, leurs différentes approches des situations plurilingues, «afin que l'on puisse étudier ce phénomène en dépassionnant le débat. La langue étant véhicule de l'identité, de la culture parfois, il nous est trop compliqué, en tant que locuteurs, d'objectiver l'objet langue à enseigner, autrement dit de le rendre comme étant un objet qu'on peut examiner comme on examine un malade». En somme, l'objectif est d'étudier le rôle du plurilinguisme dans l'enseignement apprentissage des langues, comment intégrer les langues dans le cursus scolaire, quelles sont les politiques linguistiques et éducatives mises en œuvre, comment est-ce qu'on peut les évaluer et comment on peut rendre cet enseignement apprentissage plus pertinent.

«Nous n'avons pas la prétention d'apporter des solutions, mais au moins d'avoir des résultats, des approches qui pourraient permettre aux enseignants et chercheurs d'améliorer l'enseignement apprentissage, notamment. Dalila Morsly, professeur émérite à la retraite de l'université d'Angers (France) mais qui fait toujours partie du laboratoire sciences du langage, analyse des discours didactiques (SLADD) de l'université de Constantine, et a enseigné souvent à l'université Mentouri, participe au colloque par une communication sur «les petites annonces de la presse algérienne». Elle dira à ce propos : «J'ai présenté un travail que j'ai effectué sur la presse pour montrer le fonctionnement du plurilinguisme dans la presse et en particulier dans les petites annonces.

J'ai constaté que dans les petites annonces comme dans de nombreuses autres rubriques de journaux algériens, qu'ils soient de langue française ou arabe, il y avait souvent plusieurs langues qui apparaissaient, des langues en contact. Et je m'intéresse à la façon dont les langues différentes apparaissent dans la rubrique des petites annonces, en particulier dans les offres d'emploi, pour essayer de comprendre quel est le rôle des langues dans les propositions d'offre d'emploi dans la société algérienne».

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