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Tuesday, December 11, 2018

Items filtered by date: mercredi, 09 novembre 2016 - Université des Frère Mentouri Constantine

au sein des Laboratoires Microsystèmes et Instrumentation (LMI) et   Etudes des Matériaux d’Electronique pour Applications Médicales (LEMEAMed)

 

Présentation activités bio électroniques au LMI

 

 

Conférence des Recteurs et Présidents des Universités Africaines. 

Arusho, Tanzanie (1-4, Février 1999)

 

Revitaliser les universités en Afrique: stratégies pour le 21 ème siècle août 1999

 

Le professeur Jamal Mimouni du département de physique de l’université Frères Mentouri (Constantine1), diplômé de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), nous livre ses appréciations concernant le constat établi par le Conseil national économique et social à l’égard de l’université algérienne.

Quel est votre commentaire concernant le classement de l’université de Constantine?

L’université de Constantine, un conglomérat de trois grandes universités, Constantine 1,2 et 3, chacune avec ses propres vocations et vu l’effectif considérable de son corps enseignant se devait d’émerger dans le classement national. De plus sociologiquement parlant, les enseignants chercheurs matures préfèrent rester dans les grands centres urbains et ne se rendent dans les petites établissements universitaires que si contraints pour des raisons familiales ou de logement, ou bien en fin de carrière pour bénéficier de la prime de zone et améliorer leur régime de retraite. C’est bien là d’ailleurs tout le drame des petites universités et centres universitaires. Donc en bref, rien de trop spécial sur ce classement, et le contraire aurait été étonnant.

Concernant la recherche scientifique, il est constaté que l’Algérie a un potentiel d’universitaires quatre fois supérieur à celui de la Tunisie, mais sa production scientifique est nettement inférieure, qu’il s’agisse de qualité ou de nombre. Quelles en sont les causes?

La recherche scientifique de qualité nécessite un environnement matériel et humain particulier. Si les conditions matérielles sont globalement satisfaisantes dans nos universités grâce à l’immense effort consenti par la direction de la recherche à travers les centaines de laboratoires bien financés et la valorisation de la fonction d’enseignant chercheur, le côté humain n’a pas suivi.

Je me bornerais ici à pointer du doigt sans autre forme de procès deux facteurs hélas trop souvent présents au niveau de l’Université Algérienne et antinomiques à tout effort véritable de recherche:

- Le manque de rigueur académique, qui va de pair avec une complaisance dans l’évaluation des projets et des chercheurs.
- L’absence de méritocratie, avec comme conséquence le nivellement par le bas, alors qu’il ne saurait y avoir de démocratie dans le monde de la recherche.

Le système LMD mis en place depuis plus de dix pour l’adéquation des formations aux besoins du marché de l’emploi a in fine aggravé le problème des diplômés chômeurs. Pourquoi?

L’introduction du LMD en Algérie fut une décision politique prise par la tutelle pour des raisons certes compréhensibles, notamment l’adéquation de la formation universitaire algérienne avec celle qui se mettait en place en Europe et de par le monde, mais appliquée de manière bureaucratique. Aussi le système LMD a-t-il déferlé sur l’université algérienne pour se substituer au système classique sans préparation adéquate et sans que les principaux acteurs ne soient véritablement impliqués. Sa mise en œuvre au fil des ans a confirmé que notre mal aimé système LMD n’avait ni tête pensante ni âme.

Ce n’était finalement qu’une opération bureaucratique d’adéquation au LMD européen mais dégradé en lui soutirant ce qui faisait la force de ce dernier. Ainsi pour ne citer que les principales tares, il n’y a pas de passerelles entre les formations, pas de valorisation du travail personnel et, d’un autre côté, l’inexistence du tutorat pour les moins préparés, et finalement très peu de stages de formation en entreprise qui ouvriraient les étudiants au monde du travail. C’est en dernière analyse une reproduction du système classique mais en plus court, organisé différemment et affublé d’un autre nom. Aussi ne faut-il pas s’étonner qu’il n’ait pas résolu le problème des diplômés chômeurs.

Le nombre de licences professionnelles est à peine de 5 % alors qu’il est de 75% en Tunisie et 70% au Maroc. Comment expliquer ce retard?

Ce chiffre de 5% est effarant, et le pire c’est que cela n’est pas la traduction d’un «retard» par rapport aux autres pays Maghrébins mais bien un manque de vision chronique de ce que devrait être un développement équilibré des ressources humaines qualifiées, d’ou une mauvaise politique de gestion de la formation et ses choix inadéquats. Privilégier l’académique aux dépens du professionnel, c’est privilégier le chômage au dépend de l’emploi et de la performance économique.

Certes, beaucoup de jeunes préfèrent encore retarder l’échéance de la fin des études — qui est le seul «métier» qu’ils connaissent — et ce surtout avec la féminisation de la population estudiantine, mais une politique résolue d’information ciblée voire d’orientation rigoureuse en adéquation avec le marché du travail pourrait alléger le problème.

Après tout, j’imagine que les jeunes aujourd’hui, si on leur présentait l’alternative entre un petit diplôme qui leur ouvre droit à un emploi stable et un beau diplôme où figure l’adjectif «académique» mais avec le chômage à la clé en main parce que la voie du doctorat s’avérant si sinueuse que seule une minorité y accède, sauraient faire un choix rationnel.

L’université doit revoir sa carte de formation pour répondre aux exigences de développement durable ? C’est à dire adaptée à l’environnement, l’économie numérique et la transition énergétique. Où en est l’université de Constantine?
C’est une question qu’il faut poser à ses responsables.

Naima Djekhar
Published in La Revue de Presse

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